04/02/2026
Kinshasa - Rdc
Politique

Mensonges politiques et devoir de lucidité : une mise au point sur le Lualaba « Ya Kazi » (Tribune de Maître Aubin Nkulu )

La présente tribune se veut une mise au point citoyenne et intellectuelle face à la multiplication de rumeurs, de contre-vérités et de manœuvres de désinformation visant la province du Lualaba et son leadership. À travers cette réflexion, l’auteur entend alerter l’opinion publique sur les dérives de l’instrumentalisation du mensonge en politique, dénoncer les attaques infondées dirigées contre les institutions provinciales, et rappeler, faits à l’appui, la réalité de l’action publique menée sous la gouvernance de Son Excellence Madame Fifi Masuka Saini. Loin de toute polémique stérile, cette tribune s’inscrit dans une démarche de responsabilité, de lucidité et de défense de la vérité, dans un contexte national marqué par des tensions politiques et sécuritaires persistantes.

« Ceux qui combattent ton destin sont souvent ceux qui, sans le savoir, t’aident à l’accomplir. »

  1. L’ère du faux et du mensonge ?

Bien qu’apocryphe ou inexacte, la citation attribuée à Voltaire — « Mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose » — circule depuis près de trois siècles et continue de servir de référence. Elle rappelle une vérité dérangeante : l’usage du mensonge en politique, et ses conséquences souvent funestes, ne datent pas d’hier.

Ce qui semble toutefois se manifester avec acuité en ce début d’année 2026, en République démocratique du Congo et particulièrement dans la province du Lualaba, c’est l’élévation du mensonge au rang de méthode politique assumée. Pour réussir, dirait-on désormais, il suffirait de mentir avec aplomb, puis de disposer de relais suffisamment nombreux pour répéter le faux jusqu’à ce qu’il prenne l’apparence du vrai.

Nous serions ainsi entrés dans l’ère dite « post-vérité », où certains acteurs politiques profèrent des contre-sens et des énormités sans fondement, tout en étant paradoxalement récompensés par la visibilité et l’adhésion de l’opinion.

C’est dans ce climat que circulent, sur les réseaux sociaux et dans certaines officines politiques, des rumeurs prétendant que l’autorité provinciale du Lualaba aurait été convoquée et retenue à Kinshasa. Ces allégations sont fausses, mensongères et dénuées de tout fondement.

En réalité, Son Excellence Madame la Gouverneure Fifi Masuka Saini s’est rendue à Kinshasa dans le cadre d’une mission officielle, sur invitation formelle de la Première ministre et du Vice-Premier ministre de l’Intérieur, afin de participer à l’atelier national consacré au lancement de l’initiative « Système d’alerte précoce pour tous » (EW4All), visant à renforcer la protection des populations contre les catastrophes naturelles et sanitaires à l’horizon 2027.

Ce qui se trame et se colporte au sujet du Lualaba est grave. Il s’agit d’une entreprise délibérée de dénigrement du leadership féminin qui a profondément transformé la province. Beaucoup semblent avoir perdu de vue l’état de délabrement dans lequel se trouvait le Lualaba avant l’avènement de cette gouvernance. Province longtemps marginalisée, le Lualaba est aujourd’hui engagé sur une trajectoire de développement visible et reconnu.

Tous ceux qui visitent la province ne manquent pas de saluer l’action et la vision de la gouverneure Fifi Masuka Saini. Cette reconnaissance, à tout le moins, devrait faire consensus.

Hélas, la convoitise et la rancœur semblent aveugler certains, parfois ceux-là mêmes qui ont bénéficié de son aura pour accéder à des positions qu’ils occupent aujourd’hui. Changer de cap est humain ; le faire au prix de la déloyauté et des vices l’est beaucoup moins. À cette posture, je n’accorde ni respect ni indulgence.

Ce qui choque davantage, c’est de voir des mensonges fabriqués de toutes pièces être livrés à la consommation publique et relayés sans le moindre discernement, dans l’unique but de salir ou de faire tomber. Dans ce jeu dangereux, même des esprits avertis se laissent parfois entraîner, adoptant des versions tronquées véhiculées par celles et ceux que l’histoire finit souvent par désigner comme des Judas modernes. Espérons que le sort d’Iscariote ne se répétera pas, lui qui finit par tout perdre, y compris lui-même.

  1. Comment sortir de la spirale et du triomphe des menteurs ?

Il est indéniable que la République démocratique du Congo, et particulièrement le Lualaba, traverse une période politique sensible, marquée par l’agression rwandaise et l’activisme de ses supplétifs. Dans ce contexte troublé, les tentatives de manipulation de l’opinion et de falsification des faits sont appelées à se multiplier.

Mais de là à ériger le mensonge en ligne politique assumée, le pas est vite franchi. La tentation est grande, car la méthode est connue : calomniez, il en restera toujours quelque chose. Les démentis, les corrections et les exercices sérieux de fact-checking peinent souvent à rattraper l’impact du premier mensonge, surtout lorsqu’il conforte des préjugés déjà ancrés.

Ce gain tactique, fondé sur des logiques de positionnement, de ralliement ou de trahison, risque toutefois de produire des dégâts profonds et durables. Sommes-nous conscients de la fragilité de notre tissu social, de l’inflammabilité des rapports entre citoyens et de la responsabilité historique qui est aujourd’hui la nôtre ? Faut-il exploiter ces tensions ou, au contraire, œuvrer à les apaiser ?

Peut-on sérieusement critiquer la gouvernance de Madame Fifi Masuka Saini de la manière dont certains le font aujourd’hui ? Procéder ainsi, sans rigueur ni honnêteté intellectuelle, relève moins d’un débat démocratique que d’un manque de sérieux et de respect envers soi-même.

Maître Aubin Nkulu

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