La sortie médiatique de l’ancien Premier ministre Matata Ponyo Mapon, mettant en cause la Cour constitutionnelle qu’il accuse de tribalisme dans le dossier du détournement présumé des fonds du projet agro-industriel de Bukanga-Lonzo, continue d’alimenter les débats au sein de la classe politique congolaise. Le dernier en date à réagir est le secrétaire général et président ad intérim de l’UDPS/Tshisekedi, Augustin Kabuya, qui s’est montré particulièrement critique.
S’exprimant ce samedi lors de la traditionnelle causerie morale devant les cadres et militants du parti présidentiel, Augustin Kabuya a dénoncé des propos qu’il considère comme une tentative manifeste de discréditer la justice. Pour le dirigeant de l’UDPS, les accusations formulées contre la Cour constitutionnelle s’inscrivent dans une stratégie visant à détourner l’attention de la procédure judiciaire en cours et à exercer une pression sur les institutions.
Selon Augustin Kabuya, depuis l’accession au pouvoir du Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, Matata Ponyo aurait entrepris plusieurs démarches politiques dans l’espoir de se rapprocher du régime, dans le but d’obtenir une forme de protection susceptible de bloquer les poursuites judiciaires liées au dossier Bukanga-Lonzo. Des tentatives qui, affirme-t-il, n’auraient jamais abouti.
« Le Chef de l’État ne peut pas travailler avec un voleur. Quelqu’un qui a pris les fonds de l’État pour aller construire son université ne peut pas venir donner des leçons », a déclaré Augustin Kabuya, accusant par ailleurs l’ancien Premier ministre de recourir à l’argument du tribalisme pour se présenter en victime. Il a également remis en cause la ligne de défense de Matata Ponyo, qui aurait évoqué des instructions reçues de sa hiérarchie à l’époque des faits.
Le secrétaire général de l’UDPS affirme en outre que l’opposant aurait, à plusieurs reprises, cherché à entrer en contact avec des cadres du parti présidentiel afin d’obtenir une audience auprès du Chef de l’État, sans succès. Pour Augustin Kabuya, la récente sortie médiatique de Matata Ponyo traduirait une frustration politique née du refus constant des autorités de céder à ce qu’il qualifie de pressions.
Cette prise de position intervient dans un contexte où le parti présidentiel réaffirme son attachement à la lutte contre la corruption et à l’indépendance du pouvoir judiciaire. Elle s’inscrit dans la ligne officielle des autorités, qui assurent vouloir laisser la justice suivre son cours, sans interférence politique, indépendamment du statut des personnes concernées.



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