Plusieurs journalistes congolais ont pris part, samedi 14 mars 2026, à un déjeuner de presse consacré à la promotion des masculinités positives comme levier de lutte contre les violences basées sur le genre en République démocratique du Congo. L’activité a été organisée par le Réseau des journalistes pour la santé sexuelle et reproductive (RJSSR), en collaboration avec MSI RDC (Marie Stopes RDC).
Placée sous le thème « Promouvoir les masculinités positives pour prévenir et agir contre les violences basées sur le genre en RDC », cette rencontre visait à renforcer le rôle des médias dans la diffusion de messages favorisant des comportements responsables, respectueux et égalitaires entre les hommes et les femmes.
Au cours des échanges, les participants ont été sensibilisés à l’influence des normes sociales et culturelles dans la persistance des violences basées sur le genre, ainsi qu’au rôle déterminant que peuvent jouer les hommes et les garçons dans la construction d’une société plus équitable. Les intervenants ont également insisté sur la responsabilité des journalistes dans la production et la diffusion d’informations capables de déconstruire les stéréotypes de genre et de promouvoir une culture d’égalité et de respect.

Intervenant à cette occasion, Caroline Pindi, architecte, activiste des droits humains et présidente de l’ASBL Million Espoir, a évoqué les conséquences sociales des violences faites aux femmes, notamment au sein des familles et sur les enfants. Selon elle, la promotion de la masculinité positive constitue un levier important pour réduire ces violences.
« Aujourd’hui, nous avons abordé l’impact social des violences basées sur le genre sur les femmes, les familles et les enfants. Mais au-delà de cela, nous avons aussi expliqué le concept de la masculinité positive, qui est un outil essentiel pour lutter efficacement contre les violences faites aux femmes en RDC », a-t-elle déclaré.
L’activiste a également souligné que, malgré les défis, la RDC enregistre des avancées dans la promotion des droits des femmes.
« La RDC avance, même si c’est parfois à pas de tortue. Plusieurs textes juridiques ont été ratifiés et il existe aujourd’hui des lois en faveur des femmes. Ce sont des progrès qu’il faut encourager », a-t-elle ajouté.

Caroline Pindi a par ailleurs tenu à clarifier la notion de féminisme, souvent mal comprise dans l’opinion publique.
« Le féminisme n’est pas une guerre contre les hommes. Il s’agit simplement de travailler pour l’égalité des sexes, pour que les femmes puissent jouir des mêmes droits et des mêmes opportunités que les hommes », a-t-elle expliqué.
Elle a également insisté sur la nécessité de dénoncer toutes les formes de violences, qu’elles soient physiques, psychologiques ou institutionnelles, rappelant l’existence de mécanismes d’alerte tels que le numéro 122, mis en place pour permettre aux victimes de signaler les cas de violences et de bénéficier d’une prise en charge.
Prenant la parole à son tour, Jean Vanga, coordonnateur national adjoint de la cellule technique mixte de la masculinité positive au ministère du Genre, Famille et Enfant, a expliqué que la masculinité positive renvoie avant tout à un changement de comportement chez les hommes.
« La masculinité positive, c’est un style de vie de l’homme dépourvu de violence. C’est un homme qui cultive des valeurs telles que le respect, la responsabilité et l’empathie envers la femme, et qui s’engage à accompagner la promotion des droits des femmes et la lutte contre les violences basées sur le genre », a-t-il affirmé.
Selon lui, ce concept ne doit pas rester théorique, mais s’appliquer dans la vie quotidienne.
« La masculinité positive n’est pas un concept abstrait. C’est une pratique qui doit se vivre dans nos familles, dans nos milieux de travail, dans nos églises et dans l’ensemble de la société », a-t-il expliqué.
L’expert a toutefois reconnu que la promotion de cette approche se heurte encore à certaines pesanteurs socioculturelles.
« Nous vivons dans une société où les normes sociales occupent une place importante dans notre quotidien. Ces pesanteurs socioculturelles peuvent parfois freiner les efforts visant à promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes », a-t-il souligné.
Pour relever ce défi, Jean Vanga estime qu’il est indispensable d’impliquer davantage les hommes dans la promotion des droits des femmes et dans la lutte contre les violences basées sur le genre.
« Engager les hommes dans la promotion des droits des femmes, c’est s’attaquer à la racine du problème. Si les hommes comprennent et acceptent l’égalité entre les sexes, nous pourrons réaliser des avancées significatives », a-t-il indiqué.
Enfin, l’expert a souligné l’importance des médias et des réseaux sociaux dans la transformation des mentalités.
« Les médias et les réseaux sociaux constituent aujourd’hui des outils puissants pour faire évoluer les mentalités. Ils doivent être utilisés pour promouvoir les valeurs de respect, d’égalité et de responsabilité au sein de la société », a-t-il conclu



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