Le Front Anti-dialogue a répondu à l’appel du représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies en République démocratique du Congo et chef de la MONUSCO, James Swan, qui avait plaidé devant le Conseil de sécurité en faveur d’un dialogue national inclusif en RDC.
Dans une lettre datée du 27 juin 2026 et signée par son coordonnateur national, Dieudonné Nkishi Kazadi, cette plateforme fait savoir qu’elle rejette cette option, estimant que les précédents processus de dialogue n’ont pas permis de mettre un terme aux conflits qui secouent le pays.
Le mouvement rappelle que James Swan avait invité « les acteurs politiques congolais à rechercher un consensus sur les modalités d’un dialogue national inclusif tout en préservant l’espace civique ».
Une approche que le Front Anti-dialogue dit désapprouver, considérant que les différentes concertations organisées depuis plusieurs décennies n’ont pas apporté de paix durable.
Dans sa correspondance, la plateforme décrit une situation sécuritaire particulièrement préoccupante en République démocratique du Congo.
Elle évoque « l’une des plus graves tragédies humaines de son histoire contemporaine », citant « des millions de Congolais » morts, « des milliers de femmes et d’enfants » victimes d’atrocités commises par des groupes armés, ainsi que des populations déplacées et une partie du territoire national « soumise à une occupation d’armée étrangère ».
Le Front Anti-dialogue estime également que les dialogues politiques organisés « depuis 1996 » ont constitué « des cadres de recyclage de l’impunité, avec son lot de partage du « gâteau RDC » ».
Selon lui, « chaque cycle de violence débouche finalement sur un nouveau processus politique où les auteurs des rébellions se retrouvent autour de la table des négociations avec les institutions de la République ».
La plateforme considère que cette situation « nourrit, à tort ou à raison, l’impression que le recours aux armes permet d’obtenir une reconnaissance politique ou des concessions institutionnelles ».
Elle ajoute qu’« une telle perception est bien celle qui permis à tous les criminels connus et inconnus de prospérer dans leurs entreprises maléfiques contre notre pays et notre Peuple ».
Au lieu d’un nouveau dialogue, le Front Anti-dialogue estime que « la priorité absolue ne devrait pas être l’ouverture d’un nouveau dialogue politique, mais la restauration effective de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national, la protection des populations civiles, la lutte contre l’impunité et le respect de la souveraineté de la République démocratique du Congo ».
Dans cette même lettre, la plateforme invite les Nations Unies à « mettre pleinement en œuvre les instruments prévus par le Chapitre VII de la Charte des Nations Unies » afin de répondre « aux menaces contre la paix, aux ruptures de la paix et aux actes d’agression ».
Elle demande notamment de « renforcer la protection effective des populations civiles », de « soutenir les mécanismes internationaux de lutte contre l’impunité », d’« accroître les sanctions contre les responsables et les soutiens des groupes armés », d’« empêcher les réseaux d’approvisionnement et de financement des mouvements armés » et d’« accompagner les autorités congolaises dans le rétablissement de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire ».
En conclusion, le Front Anti-dialogue soutient que « la paix durable ne saurait résulter uniquement de négociations répétitives si les causes profondes de l’insécurité demeurent inchangées et si les auteurs des violences ne répondent pas de leurs actes devant la justice ».
Le mouvement affirme également que « le peuple congolais aspire à une paix fondée sur la sécurité, la justice, la responsabilité et le respect de sa souveraineté ».
Il conclut : « si la RDCongo qui n’a jamais attaqué aucune autre nation du monde ne peut pas bénéficier de la solidarité internationale, ses enfants, même sans armes, dans leur nombre, aujourd’hui ou demain, se battront pour qu’au centimètre carré de son territoire ne soit ni occupé ni balkanisé ».
Lors de son intervention vendredi dernier devant le Conseil de sécurité des Nations Unies, James Swan avait appelé les acteurs politiques congolais à s’entendre sur les modalités d’un dialogue national inclusif. Le chef de la MONUSCO avait également insisté sur la préservation de l’espace civique et des libertés fondamentales, notamment les libertés d’expression et de réunion, afin que toutes les parties puissent s’exprimer dans un cadre « pacifique et sécurisé ».



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