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CCAPAC – Grand Tambour : les agents s’opposent à l’installation des nouveaux responsables

Le personnel du Centre culturel et artistique pour les pays d’Afrique centrale (CCAPAC – Grand Tambour) exige une vérification administrative avant toute installation des directeurs et agents désignés par les arrêtés ministériels des 7 et 10 juillet 2025.

Cette position a été exprimée vendredi 14 août à Kinshasa, lors d’un point de presse consacré à la situation administrative du Centre.

Cette réaction intervient après une correspondance du Secrétariat général à la Culture, Arts et Patrimoine datée du 13 août 2026, demandant à la Direction générale de procéder à l’installation immédiate des responsables concernés. La cérémonie avait été fixée au 14 août à 10 heures, soit moins de 48 heures après notification, selon le personnel.

Christine Ndele Ndjoli, assistante principale du directeur général et chargée de la communication interne, a dénoncé ce qu’elle considère comme une situation préjudiciable aux agents du Centre, notamment sur le plan salarial.

« Mais justement, c’est la tutelle qui doit nous soutenir. La tutelle, en fait, dit : si je peux imager ça, c’est comme une maman qui nous met… Alors, si la tutelle commence à malmener ses propres enfants, je pense que c’est grave. Moi, je dis : nous allons travailler. Sans assistance de l’État, aucune. Je dis bien, je mets au défi quiconque de prouver le contraire, même le ministère. Sans assistance, aucune. Tous ces gens que vous voyez ici veulent travailler avec des personnes heureuses, qui ont le sourire, qui peuvent recevoir un minimum, parce que nous devons, dans la vie des hommes, nous acquitter de certaines charges. Nous avons des loyers à payer, des familles auxquelles nous devons subvenir. Nous sommes des parents, et vous savez que nous sommes dans la famille africaine », a-t-elle déclaré.

Christine Ndele Ndjoli a rappelé que les agents travaillent, selon elle, sans prise en charge de l’État depuis janvier 2025.

« Ces gens ont travaillé sans que l’État ne s’occupe d’eux. Et comme on dit, tout travail mérite salaire. Donc, tout ce temps travaillé, ils ont fait les discussions, la direction générale s’y est attelée. Nous sommes parvenus à obtenir la mécanisation récemment. Je crois qu’elle va entrer en vigueur pour le prochain trimestre », a-t-elle affirmé.

Elle a toutefois fait état d’une correspondance qui aurait été adressée au ministère du Budget par le cabinet de la ministre de la Culture, des Arts et du Patrimoine en vue du blocage de la paie.

« Nous apprenons qu’un document, un courrier, a été adressé au ministère du Budget par le cabinet de la ministre de la Culture, des Arts et Patrimoine, qui voudrait que la paie soit bloquée. Cela signifie que la reconnaissance de l’État congolais à l’égard de tous ces gens qui ont travaillé ici serait bloquée. Je ne sais pas si quelqu’un peut trouver ça normal, après tant de temps. Pour ma part, je veux qualifier cela de méchanceté. Je l’ai dit haut et fort, et je m’assume. Je dirais même que c’est inhumain », a-t-elle déclaré.

Elle a également soutenu que la procédure de mécanisation aurait été suivie conformément aux exigences administratives.

« Il existe une administration, une procédure pour obtenir la mécanisation. Nous avons suivi, point par point, à la lettre, tout ce qu’il fallait faire. Notre chargé des finances, avec la direction générale, a assuré le suivi du retour. Cela veut dire que notre dossier est conforme aux exigences de l’État congolais. Et que nulle personne, quelle qu’elle soit, ne peut venir le remettre en cause, sinon le dossier ne serait pas passé », a affirmé Christine Ndele Ndjoli.

Pour sa part, Rémy-Césaire Tshamala Dinanga, chargé des médias du CCAPAC, a expliqué les principales préoccupations du personnel concernant la procédure d’installation.

« Le personnel du Centre culturel et artistique pour les pays d’Afrique centrale, CCAPAC – Grand Tambour, informe l’opinion qu’une correspondance du Secrétariat général à la Culture, Arts et Patrimoine a enjoint la Direction générale d’installer immédiatement les directeurs et agents désignés par les arrêtés ministériels des 7 et 10 juillet 2025. La cérémonie, fixée au 14 août 2026 à 10 heures, intervient moins de quarante-huit heures après notification. Le personnel dénonce la précipitation et l’absence de concertation », a-t-il déclaré.

Rémy-Césaire Tshamala Dinanga a également rappelé les démarches engagées par le personnel autour de la situation administrative du Centre.

« Nous avons transmis dès le 18 juin 2025 une liste de 221 agents en service, travaillant avec le cabinet ministériel sur la réforme du décret fondateur du Centre, engagée sous l’autorité de la Première ministre. Dans ce contexte, nous estimons qu’une vérification rigoureuse et contradictoire est nécessaire avant toute installation, notamment pour clarifier les situations administratives des agents et éviter toute confusion dans la chaîne hiérarchique », a-t-il poursuivi.

Le chargé des médias du CCAPAC a par ailleurs évoqué la question de la paie.

« Le CCAPAC fait face à une suspension de la paie de ses agents, demandée par le cabinet de la ministre de la Culture auprès du Budget, alors que ces agents ne sont pas pris en charge par l’État depuis janvier 2025. Parallèlement, des inscriptions sur les listes de paie auraient concerné des personnes n’ayant jamais travaillé au Centre, certaines déjà fonctionnaires ailleurs. Ces irrégularités imposent une vérification rigoureuse et contradictoire avant toute installation », a-t-il indiqué.

Face à cette situation, le personnel formule trois principales demandes : l’officialisation du décret modifié afin de stabiliser le cadre organique du Centre, l’ordonnance de nomination de la Direction générale et du comité d’administration, ainsi que la suppression des arrêtés ministériels contestés afin d’éviter toute confusion hiérarchique.

Les agents réclament également une réunion urgente entre la tutelle, le secrétariat général, le ministère du Budget et celui de la Fonction publique.

« Nous réclamons une réunion urgente de concertation entre la tutelle, le Secrétariat général, le Budget et la Fonction publique, pour assurer légalité, transparence et protection des droits des agents », a déclaré Rémy-Césaire Tshamala Dinanga.

Le personnel du CCAPAC – Grand Tambour affirme enfin s’opposer à toute installation sans contrôle préalable, tout en réaffirmant son respect de l’autorité de tutelle et son attachement au dialogue institutionnel, à la justice administrative et à la mission culturelle du Centre.

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