Le gouvernement de la République démocratique du Congo a annoncé, ce samedi 25 avril, avoir saisi la justice face à ce qu’il décrit comme une recrudescence d’attaques diffamatoires visant la Première ministre Judith Suminwa Tuluka ainsi que plusieurs autres responsables publics. Ces actes seraient principalement diffusés sur les réseaux sociaux et diverses plateformes numériques.
Dans un communiqué officiel, les autorités dénoncent avec vigueur la prolifération de contenus jugés offensants, comprenant notamment des injures, des propos diffamatoires et des menaces. Le gouvernement évoque également l არსებенс de campagnes de dénigrement organisées, susceptibles d’influencer l’opinion publique et de fragiliser la crédibilité des institutions nationales.
Selon l’exécutif, ces agissements dépasseraient le cadre d’opinions isolées pour s’inscrire dans des stratégies concertées visant à porter atteinte à la stabilité de l’État. Le communiqué fait état de réseaux structurés et de relais organisés, accusés de nuire à la cohésion nationale et à l’autorité publique.
Sans mentionner de cas spécifiques ni de personnes identifiées, le gouvernement souligne que ces faits pourraient constituer des infractions au regard de la législation en vigueur, notamment lorsqu’ils impliquent des incitations à la haine, du harcèlement en ligne ou des atteintes à l’honneur.
Liberté d’expression et responsabilité
Tout en réaffirmant son attachement aux libertés fondamentales garanties par la Constitution, en particulier la liberté d’expression, le gouvernement insiste sur la nécessité d’un usage responsable de ces droits. Il rappelle que toute expression doit se conformer aux lois de la République, à l’ordre public et au respect des droits d’autrui.
« Les injures, la diffamation, les menaces, le harcèlement numérique ou encore les incitations à la haine ne relèvent pas de la liberté d’expression dès lors qu’ils constituent des infractions prévues par la loi », précise le communiqué.
Cette prise de position intervient dans un contexte marqué par l’essor des réseaux sociaux en RDC, devenus un espace majeur de débat public, mais aussi de diffusion de contenus controversés ou non vérifiés.
Dans ce cadre, les autorités annoncent avoir mobilisé les services compétents afin d’identifier les auteurs, complices et commanditaires de ces actes, y compris ceux opérant sous anonymat ou depuis l’étranger. Des poursuites judiciaires ne sont pas exclues à l’encontre des personnes impliquées.
Par ailleurs, cette démarche s’inscrit dans la continuité des orientations gouvernementales visant à encadrer les usages du numérique. Lors de la 80ᵉ réunion du Conseil des ministres tenue en février dernier, le Chef de l’État avait appelé à renforcer la vulgarisation du Code du numérique.
Dans cette dynamique, le ministre de la Justice et garde des Sceaux, Guillaume Ngefa, avait instruit, début mars, l’intensification de la répression des infractions numériques. Il avait alors rappelé que le cyberespace congolais ne constitue pas une zone de non-droit et que toute infraction commise en ligne, qu’elle soit perpétrée sur le territoire national ou depuis l’étranger, est passible de poursuites.
Cette initiative vise à promouvoir un usage responsable et éthique des réseaux sociaux, dans le respect des lois et des droits fondamentaux.

