Le gouvernement congolais confirme les premiers constats de pollution environnementale liés aux activités pétrolières de Perenco dans l’ouest de la République démocratique du Congo. Les conclusions préliminaires de l’audit officiel, dont le rapport final est attendu d’ici à la fin du mois de septembre, corroborent les révélations publiées récemment par Human Rights Watch.
Lors d’un entretien accordé le 31 juillet à Human Rights Watch, un responsable du ministère des Hydrocarbures a indiqué que l’audit environnemental commandé par le gouvernement en décembre 2024 met déjà en évidence des « impacts négatifs sur la qualité des sols et de l’air » attribués aux opérations de Perenco, compagnie pétrolière et gazière franco-britannique exploitant des champs pétroliers dans l’ouest du pays.
Selon ce responsable, le rapport définitif examinera l’ensemble des formes de pollution constatées et formulera des recommandations destinées à remédier aux dommages environnementaux observés.
Ces déclarations interviennent quelques jours après la publication, le 27 juillet, d’une enquête de Human Rights Watch dénonçant de graves risques sanitaires pour les populations vivant à proximité des installations de Perenco. L’organisation de défense des droits humains affirme que le torchage régulier du gaz, le brûlage à ciel ouvert de déchets pétroliers ainsi que les fuites provenant des puits et des pipelines contribuent à la pollution de l’air, des sols et des cours d’eau. Elle estime également que certaines pratiques de l’entreprise contreviennent à la législation environnementale congolaise.
Interrogée sur ces accusations, Perenco a rejeté toute responsabilité, affirmant que ses activités ne provoquent ni pollution de l’air, des sols et des eaux, ni effets sanitaires graves. Une position toutefois contredite par les premières conclusions de l’audit officiel, qui, selon le responsable du ministère, « corroborent les conclusions de Human Rights Watch ».
Le ministère des Hydrocarbures attribue notamment une partie de cette pollution à la vétusté des infrastructures et des pipelines exploités par Perenco. Le rapport final devrait recommander la réhabilitation des installations, évaluer le coût des opérations de dépollution et proposer des mesures de réparation des dommages causés à l’environnement.
Les prélèvements des eaux souterraines étant toujours en cours, l’audit est désormais dans sa phase finale. Le gouvernement prévoit de publier le rapport définitif d’ici à la fin du mois de septembre et assure qu’il sera rendu public dans un souci de transparence.
De son côté, Human Rights Watch continue d’appeler les autorités congolaises à publier intégralement les conclusions de cet audit afin de garantir l’accès du public aux informations sur l’ampleur de la pollution et les mesures qui seront prises.

