La situation épidémiologique en République démocratique du Congo demeure au centre de l’attention des autorités sanitaires. Une réunion stratégique hebdomadaire s’est tenue ce lundi à Kinshasa sous la conduite du Directeur général de l’Institut national de santé publique (INSP), Dr Mwamba Kazadi Dieudonné, afin d’évaluer l’évolution des principales épidémies et de renforcer les mécanismes de préparation et de riposte.
Les échanges ont notamment porté sur la maladie à virus Ebola, le choléra et la rougeole, avec un accent particulier sur la surveillance des zones touchées et la préparation des provinces exposées.
Ebola : la vigilance reste de mise
À la 39ᵉ semaine épidémiologique, la RDC comptabilise 8 544 cas d’Ebola, dont 4 114 décès, soit une létalité de 48,2 %. Le pays compte également 2 229 personnes guéries, tandis que le suivi des contacts se situe à 73,8 %. Au total, 64 zones de santé ont été affectées.
Face à cette situation, l’INSP insiste sur la nécessité de renforcer les capacités de surveillance, d’alerte et de réponse, particulièrement dans les provinces susceptibles d’être touchées. Kinshasa et le Maniema figurent parmi les zones faisant l’objet d’une attention particulière dans le cadre de cette préparation.
Par ailleurs, 23 zones de santé n’ont enregistré aucun nouveau cas depuis plus de 42 jours, une évolution favorable attribuée aux efforts de la coordination multisectorielle de la riposte.
Cette amélioration ne signifie toutefois pas la fin de l’épidémie. Les zones continuant à notifier des cas restent sous surveillance renforcée afin d’identifier les interventions à intensifier et de consolider les progrès réalisés.
Maintenir la surveillance malgré l’absence de nouveaux cas
Le maintien dans le dispositif de surveillance des zones n’ayant plus enregistré de cas depuis plus de 42 jours a également été évoqué au cours de la réunion.
Pour le Directeur général de l’INSP, l’absence prolongée de nouveaux cas constitue un indicateur favorable, mais ne doit pas conduire à un relâchement. Le maintien de la surveillance permet de préserver les capacités de détection précoce et de prévenir une éventuelle résurgence de la maladie.
La baisse du taux de suivi des contacts fait également partie des préoccupations. Des mesures sont envisagées pour porter à nouveau cet indicateur à 85 %, avec l’ambition de dépasser 89 %, conformément aux objectifs fixés par la coordination de la riposte.
Dans cette dynamique, la prévention est également envisagée à l’échelle du bassin du fleuve Congo, avec l’ambition de contribuer à l’émergence d’un « fleuve sans maladies infectieuses », notamment dans les zones caractérisées par d’importants mouvements de populations.
Choléra : plus de 2 600 cas enregistrés
S’agissant du choléra, plus de 2 600 cas ont été rapportés au cours de la 39ᵉ semaine épidémiologique, soit une légère hausse par rapport à la semaine précédente.
Cinq provinces concentrent à elles seules plus de 80 % des cas recensés au niveau national, ce qui appelle à une réponse ciblée dans les zones les plus affectées.
Dans les provinces du Kivu, une campagne de vaccination contre le choléra est notamment envisagée afin de renforcer la protection des populations exposées et de contribuer à réduire la transmission.
Rougeole : une tendance encourageante
La situation de la rougeole présente, pour sa part, une évolution plus favorable. Après les campagnes de vaccination menées dans les trois blocs ciblés, environ 760 cas sont actuellement rapportés.
À la 39ᵉ semaine, le nombre de cas est en baisse par rapport à la semaine précédente. Cette tendance encourageante nécessite néanmoins le maintien de la surveillance et des interventions dans les zones où la maladie continue de circuler.
L’INSP mise sur l’anticipation
À travers ces réunions hebdomadaires, l’INSP poursuit l’évaluation régulière de la situation sanitaire et l’ajustement des stratégies de riposte. Malgré certains signaux favorables, notamment dans plusieurs zones affectées par Ebola et dans la lutte contre la rougeole, les autorités sanitaires maintiennent leur niveau de vigilance.
La priorité reste de renforcer la préparation dans les provinces à risque, d’assurer une surveillance active, d’intensifier les interventions là où les cas persistent et de préserver les acquis dans les zones enregistrant une amélioration.
La riposte se poursuit ainsi dans une logique d’anticipation, avec pour objectif de transformer les progrès enregistrés en résultats durables à l’échelle nationale.

