Kinshasa, 28 février 2026 – La Ligue des jeunes du Front des Indépendants pour la Démocratie Chrétienne (FIDEC), parti proche de la gouverneure Fifi Masuka Saini, a organisé samedi un meeting populaire au terrain Bouddha, dans la commune de N’djili. À la tribune, son président national, Mardoché Nsele, a livré un discours offensif centré sur la situation sécuritaire dans l’Est du pays et sur ce qu’il présente comme la « mission historique » du chef de l’État, Félix Tshisekedi.
Devant une foule acquise à sa cause, l’orateur a d’emblée évoqué les violences persistantes à Goma et dans la province du Sud-Kivu, dénonçant « un génocide qui ne dit pas son nom » et interpellant la communauté nationale. « Nous voulons vivre dans la paix dans ce pays. Pendant que certains débattent, nos frères et sœurs meurent à l’Est. Qui va parler à notre place ? », a-t-il lancé, suscitant des acclamations.
« Une mission plus grande que le mandat »
Au cœur de son intervention, Mardoché Nsele a défendu l’idée selon laquelle la priorité absolue demeure le retour de la paix et de la sécurité. « La mission de Félix Tshisekedi est plus grande que son mandat. Il est l’artisan de la paix. Avec tout le potentiel que regorge ce pays, nous ne pouvons pas continuer à vivre dans la peur », a-t-il affirmé.
S’il a rappelé que la Constitution prévoit un mandat de cinq ans pour le président de la République, il a estimé que « la souveraineté appartient au peuple » et que celui-ci « a le dernier mot ». « La souveraineté populaire est plus forte que tout. Si le mandat nous trahit, le peuple peut décider. Il n’y a que le peuple qui peut trancher », a-t-il martelé, dans une allusion claire au débat sur l’avenir politique à l’horizon 2028.
Hommage aux victimes et aux FARDC
Le meeting a été marqué par une minute de silence en mémoire des Congolais tombés dans le conflit à l’Est. L’orateur a également rendu hommage aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), saluant « le courage de ceux qui combattent au front pour défendre l’intégrité du territoire national ».
Critique à l’égard des initiatives de dialogue dans le contexte actuel, Mardoché Nsele a estimé que « le dialogue, en pleine guerre, ne peut être une solution s’il ne garantit pas d’abord la sécurité des populations », laissant entendre que la priorité doit être donnée au rétablissement de l’autorité de l’État.
Un appel à la mobilisation
Clôturant son discours, le président de la Ligue des jeunes du FIDEC a exhorté la population à rester mobilisée derrière le chef de l’État. « S’il y a la paix, il y aura le développement. Les ressources doivent d’abord servir à sécuriser le pays et à construire les infrastructures nécessaires », a-t-il déclaré, tout en invitant l’opinion à « ne pas se laisser distraire par les critiques de l’opposition ».
Ce meeting s’inscrit dans un contexte politique marqué par la persistance de l’insécurité dans l’Est et par des débats croissants autour des priorités nationales. À N’djili, le FIDEC a clairement choisi de placer la « mission de paix » au centre de son message politique.



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