Le professeur, chercheur, lobbyiste et stratège en investissement Patrick Onoya Tambwe a procédé, ce jeudi à Kinshasa, au vernissage de son nouvel ouvrage consacré au partenariat stratégique récemment signé entre la République démocratique du Congo et les États-Unis d’Amérique. Bien plus qu’un simple essai intellectuel, ce livre se veut une contribution scientifique majeure à la compréhension des enjeux et des perspectives de ce deal paraphé le 4 décembre dernier à Washington.
Présenté comme un véritable almanach stratégique, l’ouvrage démontre, de manière approfondie, le caractère indispensable de ce partenariat pour l’avenir de la RDC. Selon l’auteur, cet accord constitue un levier capable de conduire, à long terme, le pays vers une émergence réelle, à condition que soient réunis certains préalables qu’il qualifie de « déterminants du succès ».
La cérémonie de présentation s’est tenue dans la salle Père Boka du Centre d’Études pour l’Action Sociale (CEPAS), à Gombe, devant un public composé de professeurs d’université, de scientifiques, d’étudiants, d’acteurs politiques, d’entrepreneurs, de diplomates et de membres de la société civile. L’ouvrage a été officiellement porté sur les fonts baptismaux par Jean-Jacques Luboya, secrétaire général auprès du Président de la République.
Avant cette étape symbolique, le professeur Dieudonné Lwamba a livré une analyse scientifique et critique de l’œuvre, saluant son caractère novateur, tandis que le professeur Philippe Ibaka a, à son tour, soumis le livre à une lecture critique approfondie.
Prenant la parole, Patrick Onoya Tambwe a qualifié son ouvrage de démarche à la fois scientifique et citoyenne, inscrite dans un contexte national et régional marqué par de graves préoccupations sécuritaires.
« Cet ouvrage, intitulé 15 raisons pour s’approprier le deal entre les États-Unis et la RDC, vient saluer la signature du partenariat stratégique, mais il exprime aussi la volonté des scientifiques de soutenir l’action publique et, en particulier, le Chef de l’État », a-t-il expliqué.
L’auteur a précisé que cette réflexion est née dans la foulée des événements sécuritaires ayant affecté l’Est du pays.
« Après la chute de Goma, dans la recherche de solutions, le Chef de l’État s’est tourné vers les États-Unis. Il était de notre devoir, en tant que scientifiques, d’apporter un appui intellectuel et stratégique à cette orientation », a-t-il indiqué.
Insistant sur la singularité du partenariat avec Washington, Patrick Onoya Tambwe a souligné que la relation avec les États-Unis diffère fondamentalement de celle entretenue avec d’autres partenaires internationaux, évoquant à cet égard son expérience académique et professionnelle américaine ainsi que son activité de lobbying dans les milieux d’affaires.
L’ouvrage se projette sur un horizon de quinze à vingt ans, analysant ce que la RDC peut concrètement tirer de ces accords. Mais il ne se limite pas à l’énumération d’avantages potentiels : il met également en lumière les conditions indispensables à la réussite du partenariat.
« Ce partenariat peut être salvateur pour la RDC, à condition que sa mise en œuvre soit rigoureuse et méthodique », a-t-il averti.
Pour étayer son analyse, l’auteur affirme avoir utilisé une méthodologie scientifique qu’il appelle le « test de la boîte noire », fondée sur des analyses comparatives et l’observation des mécanismes systémiques sans interaction directe avec les décideurs.
Cette démarche l’a conduit à s’appuyer sur des expériences internationales, notamment celles issues du Plan Marshall. Il a rappelé que si plusieurs pays européens ont bénéficié d’un partenariat stratégique avec les États-Unis après la Seconde Guerre mondiale, l’Allemagne s’est distinguée par ce qui fut qualifié de « miracle allemand ».
« Ce succès est avant tout le fruit de réformes économiques, financières et monétaires profondes, ainsi que d’une gouvernance rigoureuse. Cela démontre que la réussite d’un partenariat dépend d’abord du pays partenaire lui-même », a-t-il souligné.
Face aux critiques évoquant une publication jugée rapide, Patrick Onoya Tambwe a tenu à lever toute équivoque.
« Nous n’avons pas commencé à écrire le 4 décembre. L’ouvrage était en préparation depuis des mois. La concordance entre nos analyses et le contenu de l’accord signé confirme simplement la pertinence de notre démarche scientifique », a-t-il conclu.



Leave feedback about this