La situation épidémiologique de la maladie à virus Ebola, du choléra et de la rougeole a été examinée lundi 28 septembre 2026, à Kinshasa, lors de la réunion hebdomadaire de coordination stratégique présidée par le Directeur général de l’Institut national de santé publique (INSP), le Dr Dieudonné Mwamba Kazadi.
À la 38ᵉ semaine épidémiologique, la maladie à virus Ebola demeure une préoccupation majeure, avec plus de 8 000 cas cumulés et plus de 3 900 décès, soit un taux de létalité de 48,4 %. Plus de 2 070 personnes ont été déclarées guéries, tandis que le suivi des contacts affiche un taux de 75 %. L’épidémie touche actuellement 63 zones de santé réparties dans sept provinces.
Malgré ces chiffres, certains indicateurs laissent entrevoir une évolution favorable de la transmission. Selon le Dr Dieudonné Mwamba Kazadi, un taux de reproduction inférieur à 1 témoigne d’un ralentissement de la dynamique épidémique. Les équipes sanitaires restent mobilisées pour consolider ces avancées et renforcer les interventions sur le terrain.
Protection des personnels de première ligne
La réunion a également mis l’accent sur les contaminations enregistrées parmi les personnels de première ligne. Le Directeur général de l’INSP a souligné la nécessité d’en identifier les causes afin d’adopter des mesures correctives adaptées, notamment en matière de prévention et de contrôle des infections.
La prise en charge des patients a aussi été abordée, avec un rappel sur l’orientation des cas suspects ou confirmés vers les structures sanitaires spécialisées, afin de limiter les risques de transmission et de protéger les professionnels de santé.
Choléra : la Tshuapa sous surveillance
S’agissant du choléra, environ 2 300 cas ont été rapportés à la 38ᵉ semaine épidémiologique, marquant une hausse par rapport à la semaine précédente.
La province de la Tshuapa suscite une attention particulière après le signalement de cas suspects à la suite de l’arrivée d’une embarcation en provenance de Kinshasa. Six décès ont été rapportés et une quarantaine de personnes suspectes font l’objet d’une prise en charge et d’un suivi sanitaire.
Dans la zone de santé de Bokungu, les équipes sanitaires ont été mobilisées pour renforcer la surveillance, assurer la prise en charge des personnes affectées et limiter la propagation de la maladie.
Par ailleurs, dans le Sud-Kivu, où des cas continuent d’être notifiés, une campagne de vaccination rapide est envisagée dans les zones de santé de Shabunda et de Mulungu.
Rougeole : les cas en baisse de 16 %
Concernant la rougeole, les données nationales indiquent une diminution de 16 % des cas, avec environ 790 cas enregistrés à la 38ᵉ semaine, contre un niveau supérieur à la semaine précédente.
Toutefois, la situation demeure préoccupante dans certaines zones, notamment au Tanganyika, où une tendance à la hausse a été observée. Une campagne de vaccination est ainsi prévue avec l’appui des partenaires, dans le but de renforcer l’immunité des populations exposées.
Tshuapa : la réouverture des écoles en perspective
La situation sanitaire dans la province de la Tshuapa a également été évoquée, particulièrement en ce qui concerne la fermeture temporaire d’un établissement scolaire. Le Directeur général de l’INSP a tenu à rassurer les parents d’élèves, précisant que cette mesure vise à permettre la décontamination des installations avant la reprise des activités scolaires dans des conditions sanitaires appropriées.
À travers cette réunion hebdomadaire, l’INSP entend maintenir une surveillance rapprochée des principales menaces épidémiques en République démocratique du Congo. Les efforts portent notamment sur le renforcement de la surveillance, l’amélioration de la prise en charge des patients, la protection des personnels de première ligne et l’intensification des mesures de prévention et de contrôle des infections.

