Le débat autour d’un éventuel changement de la Constitution en République démocratique du Congo continue d’alimenter la scène politique nationale. Alors que le parti présidentiel multiplie les consultations autour de la mise en place d’une plateforme visant à soutenir le changement de la constitution, plusieurs voix de l’opposition dénoncent une initiative qu’elles jugent dangereuse pour l’ordre démocratique.
Dans une interview accordée ce jeudi 28 mai 2026, Lisette Nsangana Ngalamulume, membre de la Coalition de la Gauche de Jean-Marc Kabund, a affirmé que la RDC ne souffre pas d’un problème de textes juridiques, mais plutôt d’un déficit d’hommes d’État capables de respecter la Constitution.
« Si la Constitution souffre dans son application, ce n’est qu’un problème de notre classe politique dirigeante, caractérisée par la boulimie du pouvoir », a-t-elle déclaré.
Selon cette actrice politique, les discussions autour d’une révision ou d’un changement de la Constitution cacheraient des ambitions politiques visant à modifier l’équilibre institutionnel actuel. Elle estime que « la Constitution du 18 février 2006 contient déjà des dispositions claires et suffisantes pour garantir le fonctionnement de l’État. Le véritable défi réside dans le respect des textes existants et dans la volonté politique de les appliquer sans manipulation ».
Lisette Nsangana Ngalamulume s’oppose également à toute tentative de modification de la loi fondamentale, rappelant que certains articles de la Constitution congolaise sont considérés comme intangibles. Elle s’appuie notamment sur les dispositions dites « verrouillées », qui interdisent toute révision portant sur la forme républicaine de l’État, le nombre et la durée des mandats présidentiels ainsi que l’indépendance du pouvoir judiciaire.
Pour cette proche de Jean-Marc Kabund, toucher à ces dispositions reviendrait à fragiliser la stabilité institutionnelle du pays et à ouvrir la voie à des dérives autoritaires.
Ces déclarations interviennent dans un contexte marqué par une forte mobilisation d’une frange de l’opposition contre toute réforme constitutionnelle.
Réunis au sein de la coalition C64 anti-révision constitutionnelle, plusieurs opposants au régime de Félix Tshisekedi, notamment Jean-Marc Kabund, Martin Fayulu et Delly Sessanga, appellent à une journée « ville morte » le 3 juin prochain sur toute l’étendue du territoire national afin de protester contre toute tentative de modification de la Constitution.
Junior Ika

