Kinshasa, 19 janvier 2026 – La Première ministre de la République démocratique du Congo, Judith Suminwa Tuluka, a présidé, ce lundi à l’immeuble du Gouvernement, une réunion d’urgence de haut niveau consacrée à la situation humanitaire, sécuritaire et judiciaire dans la ville d’Uvira, au Sud-Kivu, à la suite des violences attribuées à l’armée rwandaise et à ses alliés de l’AFC/M23.
Malgré la journée déclarée chômée, la Cheffe du Gouvernement a tenu à réunir les principaux responsables étatiques afin d’assurer une réponse rapide, coordonnée et efficace face à la crise qui frappe cette partie du territoire national.
Mobilisation de l’appareil de l’État
La rencontre a réuni le Vice-Premier ministre en charge de la Défense nationale, le ministre de la Formation professionnelle assurant l’intérim du ministère de la Justice, les ministres des Finances et de la Communication et Médias, le ministre délégué en charge de la Francophonie et de la Diaspora congolaise, ainsi que le vice-ministre des Affaires coutumières représentant le Vice-Premier ministre de l’Intérieur.
Des experts de plusieurs ministères, de la Direction générale de migration (DGM), des services de sécurité et des structures humanitaires ont également pris part aux échanges.
Selon le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, porte-parole du Gouvernement, cette réunion marque le lancement d’un dispositif gouvernemental permanent destiné à assurer le suivi des actions à court et moyen termes, sous la coordination directe de la Première ministre.
Sécurité et restauration de l’autorité de l’État
Les discussions ont porté en priorité sur la situation sécuritaire à Uvira. Le Gouvernement a rappelé que l’annonce d’un retrait des forces ennemies ne saurait suffire sans une réinstallation effective des services de l’État.
« Il ne suffit pas de dire qu’ils se retirent. Il faut s’assurer que les services de l’État sont pleinement réinstallés », a déclaré Patrick Muyaya.
La sécurisation de la ville et de ses environs sera assurée par les FARDC et la Police nationale congolaise (PNC), condition préalable au retour du gouverneur et des autorités provinciales, afin de garantir une restauration durable de l’autorité de l’État.
Une situation humanitaire préoccupante
Sur le plan humanitaire, le Gouvernement fait état de 267 000 personnes déplacées et réfugiées, dont 12 000 enfants non accompagnés, ayant fui les violences vers les pays voisins ou vers d’autres zones du pays.
Les autorités ont insisté sur la nécessité d’évaluations approfondies avant tout retour massif, notamment en ce qui concerne la sécurité, l’état des habitations et la fonctionnalité des services de base. La DGM et les ministères sectoriels ont été mobilisés pour préparer les conditions d’un retour sécurisé et digne des populations affectées.
Justice et lutte contre l’impunité
La dimension judiciaire a également été au centre des échanges. Le Gouvernement a réaffirmé sa détermination à poursuivre les auteurs des crimes graves commis à Uvira, afin de lutter contre l’impunité et de prévenir la répétition de violences similaires.
L’exécutif a par ailleurs salué le sens de responsabilité et le patriotisme des communautés locales, appelant à la préservation de la cohésion sociale et au rejet de toute stigmatisation ou manipulation communautaire.
À travers cette réunion, le Gouvernement congolais entend poser les bases d’une riposte globale, articulée autour de la sécurité, de l’assistance humanitaire et de la justice, en vue de rétablir durablement la stabilité à Uvira et de protéger les populations civiles.



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