Lors d’un briefing presse co-animé avec le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, le gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), André Wameso, a réaffirmé les bénéfices économiques liés à l’utilisation du franc congolais. Le thème de cette rencontre portait sur : « Mise en œuvre de la politique monétaire en RDC : enjeux, évolutions et perspectives ».
Le franc congolais présenté comme un levier économique
André Wameso a estimé qu’il devient de plus en plus avantageux pour les ménages congolais de travailler, consommer et épargner en monnaie nationale plutôt qu’en dollars américains. Selon lui, les consommateurs qui effectuent leurs transactions en devises étrangères subissent davantage les effets de la hausse des prix, contrairement à ceux qui utilisent le franc congolais.
Il a souligné que les opérations réalisées en monnaie locale offrent aujourd’hui de meilleurs rendements en matière d’épargne. « Les ménages qui réalisent leurs opérations en monnaie locale bénéficient d’un meilleur rendement économique. Les placements en francs congolais sont actuellement plus rémunérateurs que ceux en dollars, un avantage encore insuffisamment connu de la population », a-t-il indiqué.
Renforcer la confiance dans la monnaie nationale
Le gouverneur de la BCC a insisté sur la nécessité de renforcer progressivement la confiance des citoyens dans la monnaie nationale. Selon lui, une adoption plus large du franc congolais dans les transactions quotidiennes et l’épargne contribuerait non seulement à réduire les pertes liées aux fluctuations du dollar, mais aussi à améliorer la situation financière des ménages.
Coordination renforcée entre la BCC et le gouvernement
André Wameso a également mis en avant la coopération étroite entre la Banque centrale et le gouvernement dans la conduite de la politique économique du pays. Il a expliqué participer régulièrement aux Conseils des ministres afin de suivre l’évolution du marché des changes, en complément d’échanges techniques quotidiens avec le ministère des Finances.
Il a tenu à dissiper toute idée de divergence entre les deux institutions, affirmant qu’elles partagent le même objectif : l’amélioration du pouvoir d’achat des Congolais et la préservation de la stabilité macroéconomique.
Cette collaboration, selon lui, a permis d’anticiper plusieurs chocs économiques externes, notamment ceux liés aux tensions géopolitiques internationales, et d’en limiter les effets sur l’économie nationale.
Des outils numériques pour suivre les prix
De son côté, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a présenté l’application Talo, initiée par le Vice-Premier ministre en charge de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba. Cet outil numérique permet de suivre l’évolution des prix des produits sur les marchés et de renforcer la transparence pour les consommateurs.
Pour Patrick Muyaya, ces dispositifs s’inscrivent dans une stratégie globale visant à améliorer le pouvoir d’achat des citoyens. Il estime que les tendances à la baisse observées sur certains produits témoignent de l’efficacité des mesures de stabilisation mises en œuvre.
Il a également insisté sur la nécessité de poursuivre la pédagogie économique afin d’aider la population à mieux comprendre les mécanismes de la politique monétaire et leurs impacts sur la vie quotidienne.
Des indicateurs macroéconomiques jugés encourageants
Sur le plan macroéconomique, la Banque centrale se veut rassurante. L’économie congolaise affiche une croissance estimée à 5,8 % en 2025, avec une projection de 6,2 % en 2026, traduisant une dynamique jugée positive.
L’inflation reste maîtrisée, avec un taux annuel évalué à 2,36 %, tandis que les réserves internationales atteignent environ 37 milliards de dollars américains. Le gouverneur a également évoqué la bonne performance des bons BCC à maturité longue, signe de la confiance des investisseurs.
Enfin, la stabilité récente du taux de change, marquée par l’appréciation du franc congolais observée en septembre et octobre 2025, ainsi que la hausse progressive des dépôts en monnaie nationale dans les banques commerciales, confirment selon lui un regain de confiance dans la solidité de l’économie congolaise.



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