04/02/2026
Kinshasa - Rdc
Société

CSAC : la détresse des agents relance le débat sur la gouvernance interne


Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication (CSAC), institution constitutionnelle chargée de réguler les médias et de veiller à la qualité de l’information en République démocratique du Congo, est confronté à une crise sociale et institutionnelle majeure.


Depuis quatre mois, trois agents sont décédés et un quatrième se trouve en état critique, conséquence directe des 32 mois d’impayés et du blocage des fonds par le ministère des Finances.
Un agent en réanimation
Un agent du CSAC est actuellement admis en réanimation dans un état grave. Impayé depuis 32 mois, il a dû recourir à la solidarité de ses collègues pour financer ses soins, mais cette assistance a été insuffisante, la plupart des agents étant eux-mêmes sans salaire. Selon plusieurs sources, il a même été abandonné temporairement dans une rue non éclairée de Makala, illustrant le manque de dispositifs de protection sociale au sein de l’institution.
Conséquences des impayés et du blocage budgétaire.

Les trois décès récents sont directement liés à l’impossibilité pour les agents d’accéder à des soins médicaux, conséquence des 32 mois de salaires impayés et du blocage des fonds par le ministère des Finances. Cette situation met en lumière les failles dans la planification et la gestion budgétaire de l’institution, ainsi que la fragilité des mécanismes de protection sociale des agents.


Impact sur la crédibilité institutionnelle
Le CSAC, chargé de garantir l’éthique et la responsabilité dans l’espace audiovisuel, se trouve aujourd’hui contesté sur sa propre gouvernance interne. La détresse prolongée des agents et l’absence de réaction efficace de la direction peuvent affecter la perception de la population et des partenaires institutionnels, et réduire la capacité du CSAC à remplir sa mission de régulateur crédible.


Appels à des mesures institutionnelles
Syndicats, société civile et observateurs appellent à : la prise en charge immédiate de l’agent hospitalisé, la clarification publique sur les 32 mois d’impayés et le blocage des fonds,
une évaluation administrative indépendante des conditions de travail, et la mise en place de mécanismes institutionnels pour prévenir de nouvelles pertes humaines.


Une crise à traiter comme un enjeu institutionnel
Au-delà des drames humains, la situation actuelle est révélatrice d’un problème structurel de gouvernance. Pour assurer sa crédibilité et sa légitimité, le CSAC doit désormais intégrer la protection sociale des agents et la transparence financière au cœur de sa gestion institutionnelle.

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