20/05/2026
Kinshasa - Rdc
Santé

Ebola à Bundibugyo : AfricaCDCplace la RDC et l’Ouganda sous urgence sanitaire continentale

Africa Centres for Disease Control and Prevention a officiellement élevé l’épidémie de maladie à virus Ebola de souche Bundibugyo au rang d’urgence de santé publique de sécurité continentale. Cette décision concerne particulièrement la République démocratique du Congo et l’Ouganda, deux pays actuellement touchés par cette flambée épidémique qui inquiète de plus en plus les autorités sanitaires africaines.

Cette mesure a été prise à la suite des recommandations formulées par le Groupe consultatif d’urgence du CDC Afrique, au regard de l’évolution préoccupante de la situation dans la région des Grands Lacs. Le directeur général de l’institution, Jean Kaseya, a précisé que cette déclaration repose sur les dispositions prévues par l’article 3, paragraphe F, des statuts de l’organisation panafricaine, qui autorisent une coordination continentale lors des crises sanitaires majeures.

Une propagation qui alarme les autorités sanitaires africaines

Les chiffres publiés par les autorités de santé témoignent d’une situation particulièrement préoccupante. En RDC, près de 395 cas suspects ainsi que 106 décès liés à la maladie ont déjà été recensés, principalement dans les zones de santé de Mongwalu, Rwampara et Bunia, dans la province de l’Ituri.

En Ouganda, la capitale Kampala a enregistré deux cas confirmés ainsi qu’un décès, alimentant davantage les inquiétudes autour d’une éventuelle propagation rapide du virus dans les pays voisins.

Le CDC Afrique estime que plusieurs facteurs aggravent les risques de transmission régionale. Parmi eux figurent notamment les déplacements massifs des populations dans les zones minières, l’insécurité persistante dans les régions affectées, les insuffisances dans les dispositifs de prévention et de contrôle des infections ainsi que les décès communautaires signalés en dehors des structures sanitaires officielles.

L’organisation souligne également que la proximité géographique des foyers de contamination avec le Rwanda et le Soudan du Sud renforce le niveau d’alerte sanitaire sur l’ensemble de la région.

Jean Kaseya appelle à une mobilisation continentale rapide

Pour le directeur général du CDC Afrique, cette déclaration constitue avant tout un signal fort destiné à accélérer la mobilisation collective des États africains et des partenaires sanitaires internationaux.

Selon Jean Kaseya, la confirmation des cas d’Ebola Bundibugyo dans des pays fortement interconnectés démontre une nouvelle fois que la sécurité sanitaire du continent africain demeure indissociable et nécessite des réponses coordonnées basées sur les données scientifiques.

Il a expliqué que cette mesure permettra notamment d’améliorer la coordination régionale, de renforcer les capacités de surveillance épidémiologique et de laboratoire, mais aussi de faciliter le déploiement rapide des équipes d’urgence dans les pays considérés à haut risque de transmission.

Le responsable du CDC Afrique a également lancé un appel aux États membres, à Organisation mondiale de la Santé, à UNICEF ainsi qu’aux partenaires internationaux afin d’intensifier les efforts pour limiter la propagation du virus.

Une riposte continentale déjà en cours

Dans le cadre de cette réponse sanitaire, le CDC Afrique et l’OMS travaillent actuellement à la mise en place d’une équipe conjointe de soutien à la gestion des incidents. Cette stratégie s’inspire du modèle déjà appliqué lors des ripostes contre le mpox et le choléra, basé sur le principe des « 4 Un » : une équipe, un plan, un budget et un mécanisme commun de suivi.

L’institution africaine affirme avoir déjà déployé plusieurs experts multidisciplinaires spécialisés en épidémiologie, prévention et contrôle des infections, communication des risques, logistique et coordination des urgences sanitaires.

En parallèle, le CDC Afrique a mobilisé en interne deux millions de dollars américains pour soutenir les opérations de riposte sur le continent.

Par ailleurs, les inquiétudes demeurent importantes concernant la disponibilité limitée des vaccins et des traitements validés contre la souche Ebola Bundibugyo. Le CDC Afrique affirme poursuivre les discussions avec plusieurs partenaires scientifiques afin d’évaluer les contre-mesures médicales disponibles et d’accélérer les recherches opérationnelles.

Le professeur Karim a notamment insisté sur le fait que les données épidémiologiques actuelles, l’insécurité persistante et les déplacements transfrontaliers rendent indispensable une réponse urgente, coordonnée et continentale afin d’éviter une propagation plus large de cette nouvelle flambée d’Ebola.

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