Kinshasa, le 24 octobre 2025 — Le tribunal militaire de garnison de la Gombe, siégeant au Camp Lufungula, a ouvert ce jeudi le procès en flagrance de Madame Honorine Porsche Massamba, alias Honorine Porshen, présentée comme l’auteure présumée du braquage commis à l’agence Rawbank/Victoire, dans la commune de Kalamu à Kinshasa.
Poursuivie avec plusieurs complices pour terrorisme, vol à main armée et association de malfaiteurs, la prévenue comparaît devant la justice militaire dans une affaire qui retient l’attention de l’opinion nationale et internationale. Selon les premiers éléments du dossier, les accusés sont soupçonnés d’avoir participé à un braquage audacieux au sein de l’établissement bancaire, au cours duquel une somme importante aurait été dérobée.
Un procès sous haute tension
Dès l’ouverture des débats, le tribunal a été saisi de plusieurs requêtes émanant des avocats de la défense et de la partie civile, notamment Rawbank S.A. Après examen, les juges ont décidé de renvoyer l’audience au 28 octobre prochain, afin de permettre aux parties de mieux préparer leurs moyens de défense et à la cour d’examiner certains éléments de preuve.
La prévenue, transférée sous haute escorte au Camp Lufungula, a comparu visiblement marquée par les conditions de son arrestation, qui ont suscité une vive controverse sur les réseaux sociaux et dans plusieurs milieux diplomatiques.
Réactions officielles et dénonciations
L’État congolais, par l’entremise du ministère de la Justice, a condamné les conditions brutales et dégradantes dans lesquelles Honorine Porshen a été arrêtée, certaines vidéos montrant la prévenue partiellement dénudée lors de son interpellation par des agents de sécurité.
De son côté, l’ambassade d’Allemagne à Kinshasa, pays avec lequel la prévenue entretiendrait des liens personnels et professionnels — a également protesté contre le traitement jugé humiliant réservé à cette dernière, appelant au respect des droits fondamentaux et de la dignité humaine durant toute la procédure judiciaire.
Entre justice et image de l’État
Le gouvernement congolais, tout en réaffirmant son attachement à l’indépendance de la justice, a promis que la lumière serait faite sur les circonstances de l’arrestation et que toute dérive policière ou atteinte à la dignité humaine sera sanctionnée.
Cette affaire, qui mêle à la fois criminalité urbaine, enjeux judiciaires et diplomatiques, met une nouvelle fois en lumière les défis auxquels fait face la République démocratique du Congo dans sa lutte contre l’insécurité tout en garantissant le respect des droits humains.
Le public et les observateurs attendent désormais la poursuite du procès le 28 octobre, au cours duquel les juges devraient entendre les premières déclarations des prévenus et examiner les preuves matérielles du dossier.

