Une situation sanitaire préoccupante s’installe dans la province du Lualaba, où plusieurs cas suspects d’épistaxis (saignements de nez) et de lésions cutanées ont été signalés ces dernières semaines dans la zone de santé de Dilala, à Kolwezi. Ces manifestations inhabituelles suscitent de sérieuses inquiétudes quant à une possible exposition des populations à des substances toxiques d’origine industrielle.
D’après les premières informations des autorités sanitaires, ces symptômes pourraient être liés aux émanations issues d’activités minières, notamment celles de la société Ruashi Mining, observées au cours des derniers mois. À cette situation déjà alarmante s’est ajoutée la déclaration, le 23 mars 2026, d’une urgence radiologique par l’Autorité nucléaire au niveau du remblai T17, renforçant les craintes d’une contamination combinée, à la fois chimique et radiologique.
Face à cette double menace, l’Institut National de Santé Publique (INSP), via son Centre des Opérations d’Urgence de Santé Publique (COUSP), a déployé une réponse rapide. Le 20 avril 2026, une mission multisectorielle composée de 17 experts a été envoyée à Kolwezi afin d’évaluer l’ampleur de la situation, d’identifier les sources potentielles de contamination et de proposer des mesures de riposte adaptées.
Une coordination multisectorielle pour une réponse efficace
Dès leur arrivée, les experts ont engagé des consultations avec les autorités provinciales, notamment la Division Provinciale de la Santé, les représentants du gouvernorat, ainsi que les ministères provinciaux de la Santé et des Mines. Le Service d’Assistance et d’Encadrement de l’Exploitation Minière Artisanale et à Petite Échelle (SAEMAPE) a également été associé aux échanges. Ces concertations ont permis de poser les bases d’une coordination renforcée et d’adapter les interventions aux réalités locales.
En parallèle, un plan opérationnel et un dispositif de communication ont été mis en place, tandis que les outils de surveillance sanitaire ont été harmonisés afin d’assurer une collecte rapide et fiable des données sur le terrain.
Dans une approche inclusive, un briefing élargi a réuni près d’une centaine de participants, dont des leaders communautaires, des relais locaux, des agents techniques et des représentants de la société civile. Les discussions ont porté sur l’identification et la notification des cas suspects, mais aussi sur les notions de rayonnements ionisants, de radioprotection et d’implication communautaire.
Des risques sanitaires et environnementaux préoccupants
L’exposition à des substances chimiques toxiques et à des rayonnements ionisants représente un danger réel pour les populations. À court terme, elle peut entraîner des irritations cutanées, des saignements, des troubles respiratoires ou encore des intoxications aiguës. À long terme, les conséquences peuvent être beaucoup plus graves, notamment des cancers, des anomalies génétiques, des troubles neurologiques et des défaillances organiques.
Au-delà de la santé humaine, ces contaminations peuvent également affecter durablement l’environnement, notamment les sols, les ressources en eau et les chaînes alimentaires, mettant en péril les moyens de subsistance des communautés locales.
Une réponse rapide pour prévenir une crise majeure
Le déploiement de cette mission illustre la capacité de réaction du système national de santé publique face à des situations complexes. En renforçant la surveillance, en améliorant la détection précoce des cas et en impliquant activement les communautés, l’INSP, à travers le COUSP, contribue à limiter les risques et à prévenir une crise sanitaire de grande ampleur.
Par ailleurs, six structures sanitaires, dont un hôpital général de référence, ont été identifiées pour assurer la prise en charge des cas, garantissant ainsi un accès rapide aux soins pour les populations affectées.
Alors que les investigations se poursuivent, cette intervention marque une étape importante dans la gestion des risques liés aux activités minières en République démocratique du Congo. Elle met en évidence la nécessité d’un encadrement rigoureux, d’une surveillance environnementale continue et d’une communication transparente avec les communautés.
Pour les habitants de Kolwezi, l’espoir repose désormais sur les conclusions de cette mission et sur les mesures qui seront prises pour assurer un environnement plus sûr et une meilleure protection de leur santé.



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