La République démocratique du Congo entame son mandat de deux ans à la présidence de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) avec l’ambition de redonner un souffle nouveau à la coopération régionale. Lors d’un briefing de presse tenu à Kinshasa, le ministre de l’Intégration régionale, Floribert Anzuluni, a présenté les priorités de la RDC, tout en soulignant les enjeux sécuritaires persistants dans l’Est du pays.
Une présidence axée sur la paix et la stabilité
Selon le ministre, la prise de commande de la CIRGL ne doit pas être interprétée comme un levier pour régler des différends bilatéraux. « L’objectif de la RDC n’est pas de régler ses comptes, mais de promouvoir un élan conforme au Pacte fondateur, qui trace la voie vers une paix durable », a-t-il déclaré.
Créée pour répondre aux crises récurrentes dans la région, la CIRGL repose sur trois engagements principaux :
•renforcer la sécurité collective,
•stabiliser politiquement l’espace régional,
•accélérer l’intégration économique entre les États membres.
Ces objectifs demeurent au cœur du mandat que Kinshasa entend mener, affirme Floribert Anzuluni, qui appelle à une organisation « plus dynamique et solidaire ».
Le Rwanda absent du sommet
Un fait majeur a marqué cette réunion régionale : le Rwanda n’a pas répondu à l’invitation.
Cette absence intervient alors même que la Déclaration finale du sommet reconnaît explicitement la guerre d’agression menée par le Rwanda sur le sol congolais. Une prise de position qualifiée d’« avancée diplomatique » par Kinshasa, qui y voit un signal politique fort adressé à la communauté internationale.
Les engagements de Tshisekedi à la tête de la CIRGL
En acceptant la présidence de l’organisation, le Président Félix Tshisekedi avait rappelé les responsabilités qui incombent à la RDC :
•relancer les mécanismes régionaux de médiation et de vérification ;
•renforcer la coopération sécuritaire entre États membres ;
•isoler les acteurs impliqués dans la déstabilisation régionale ;
• promouvoir l’intégration économique, notamment à travers la mobilité et les échanges transfrontaliers.
Pour le ministre Anzuluni, ces engagements restent la boussole du mandat congolais : « Nous agirons dans le respect des attributions de l’organisation, comme nos prédécesseurs, pour contribuer à la résolution des conflits dans l’ensemble de la région des Grands Lacs. »
La stabilisation du pays, priorité incontournable
Face aux attentes de la population, Floribert Anzuluni a rappelé que la stabilisation de l’Est demeure la priorité absolue du gouvernement. La présidence de la CIRGL, insiste-t-il, ne constitue pas « une solution miracle », mais un cadre supplémentaire pour construire, avec les autres États membres, une démarche collective de paix.
Le ministère de l’Intégration régionale, qui joue un rôle clé dans la coopération politique, économique et migratoire, entend renforcer les liens entre la RDC et ses voisins, malgré un contexte régional tendu.



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