Le porte-parole des opérations « Ngemba » dans l’ouest de la République démocratique du Congo, le capitaine Anthony Mwalushay, a accusé ce dimanche 28 décembre des personnalités politiques proches du pouvoir d’apporter un appui tacite à la milice Mobondo, engagée dans des violences meurtrières dans la province du Mai-Ndombe.
S’exprimant devant la presse, l’officier a dénoncé un « flou » entretenu, selon lui, par ces responsables qu’il dit « être derrière la milice » et « commander leurs actions » de manière clandestine. Il affirme disposer de preuves et promet la publication prochaine des conclusions des enquêtes en cours.
« La journée, ils paraissent comme des agneaux ; la nuit, ce sont eux qui dirigent les Mobondo. Les capturés ont cité certains noms », a-t-il déclaré.
Selon des informations rapportées par RFI et Actualite.cd, 15 miliciens Mobondo ont été tués ce week-end dans le village de Bolingo, à l’entrée de Kinshasa, lors d’intenses affrontements avec les FARDC. Cinq soldats congolais auraient également perdu la vie. L’armée qualifie désormais ce groupe armé de « mouvement terroriste » organisé et affirme sa volonté d’en finir avec la menace.
Le conflit dans le Mai-Ndombe a déjà coûté la vie à de nombreux civils. Le 23 novembre dernier, au moins 22 habitants, dont des femmes et des enfants, avaient été tués dans le village de Nkana, selon Human Rights Watch, qui dénonçait alors « l’inaction » des autorités. Les assaillants, armés de fusils et de machettes, avaient pris pour cible des villageois Teke, dans un contexte de tensions foncières exacerbées avec la communauté Yaka.
Ce conflit intercommunautaire, qui remonte à 2022, reste largement relégué au second plan par rapport à la crise sécuritaire à l’est du pays, où la rébellion M23 continue de contrôler d’importantes localités dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Face à ces accusations, le capitaine Mwalushay prévient :
« Si Kinshasa donne raison à ces bons parleurs qui soutiennent Mobondo pour des intérêts politiques, nous, militaires, ferons notre travail. Et notre travail ne se fait pas avec des stylos, mais avec des armes garanties par la Constitution. »
Il assure que les FARDC resteront déterminées à neutraliser « jusqu’au dernier » milicien Mobondo, tout en laissant une porte ouverte aux redditions :
« La menace n’est pas seulement à l’est, elle est aussi à l’ouest. Nous donnons l’occasion à ces éléments Mobondo de se rendre. »

