Le 3 juin 2025, Me Marcel Phanzu, cadre de l’UDPS/Kibassa, avait alerté sur ce qu’il considérait comme l’incapacité de l’ancien président Joseph Kabila à mener une lutte politique démocratique et non armée. Participant à une émission politique sur Perfect TV, il avait exprimé ses inquiétudes quant aux méthodes de conquête du pouvoir attribuées à l’ancien chef de l’État, estimant que celui-ci privilégiait le recours aux armes plutôt que les voies démocratiques.
Plus d’un an après cette déclaration, l’actualité politique congolaise remet ses propos en perspective. Joseph Kabila est désormais à la tête du Front pour la refondation de la nation, qui vient s’ajouter à un contexte déjà marqué par les accusations du président Félix Tshisekedi concernant son implication présumée dans la rébellion de l’AFC/M23. Pour Me Marcel Phanzu, qui avait exprimé ses inquiétudes dès juin 2025, cette évolution ravive le débat sur la stratégie politique de l’ancien président et sur les moyens qu’il entend privilégier pour peser sur l’avenir du pays.
À l’époque, le cadre de l’UDPS/Kibassa avait directement remis en question la capacité du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), formation politique de Joseph Kabila, à mener un combat démocratique sans recourir à la violence armée.
« Est-ce que le PPRD sait mener un combat démocratique et non armé ? Tout ce que le PPRD sait faire, c’est toucher les armes et avoir le pouvoir à travers le sang », avait-il déclaré sur Perfect TV.
Dans la même intervention, Me Marcel Phanzu avait également évoqué la prise de parole de Joseph Kabila après une longue période de silence, estimant que l’ancien président rencontrait des difficultés à s’inscrire dans une dynamique politique pacifique.
« Joseph Kabila qui arrive à briser son silence, c’est qu’il y a un problème. Il est mal à l’aise, il souffre. Il a plusieurs difficultés : la première, il ne connaît pas le combat politique non armé. Il est dans une configuration de conquérir le pouvoir uniquement par les armes. Voilà pourquoi il est dans l’idée de créer des groupuscules pour lutter militairement », avait-il affirmé.
Aujourd’hui, avec l’émergence du Front pour la refondation de la nation et la persistance des tensions sécuritaires dans l’est de la RDC, les déclarations de Me Marcel Phanzu datant du 3 juin 2025 retrouvent une place particulière dans le débat public. La question demeure celle de la distinction entre une opposition politique menée par des moyens démocratiques et les dynamiques politico-militaires qui fragilisent la stabilité du pays.



Leave feedback about this