09/03/2026
Kinshasa - Rdc
Politique

Révision de la Constitution : « Que les gens soient calmes, nous allons la toucher », affirme Augustin Kabuya

Le secrétaire général et président ad intérim de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS/Tshisekedi), Augustin Kabuya, a réaffirmé la position du parti au pouvoir en faveur d’une révision ou d’un changement de la Constitution. Il s’est exprimé samedi lors d’une causerie morale tenue au siège du parti à Kinshasa, dans un contexte marqué par des divergences d’opinions au sein de la classe politique.

D’après lui, cette initiative ne date pas d’aujourd’hui. Elle s’inscrit dans la continuité des positions défendues par le fondateur historique de l’UDPS, Étienne Tshisekedi, ainsi que des résolutions adoptées lors des états généraux de l’UDPS/Tshisekedi organisés en 2024 à Kinshasa. Ces assises avaient rassemblé différentes structures du parti venues tant de l’intérieur que de l’extérieur du pays.

« Depuis 2024, toutes les structures de l’UDPS/Tshisekedi se sont réunies à Kinshasa pour les états généraux. À cette occasion, nous avions clairement affirmé la nécessité de changer cette Constitution », a-t-il rappelé devant les militants.

Le secrétaire général du parti présidentiel a toutefois reconnu que cette position n’avait pas fait l’unanimité au sein même de la formation politique. Certaines figures du parti s’y étaient opposées avant que le président de la République, Félix Tshisekedi, n’aborde lui-même la question lors d’une intervention publique à Kisangani.

« Certaines personnes au sein du parti avaient tenté de me contredire. Mais lorsque le Chef de l’État en a parlé à Kisangani, elles ne savaient plus quoi dire », a-t-il affirmé.

Au cours de son intervention, Augustin Kabuya a également évoqué la position de certains responsables religieux, notamment au sein de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO). Il a cité l’abbé Donatien Nshole, affirmant que celui-ci avait autrefois relayé les préoccupations d’Étienne Tshisekedi au sujet de la Constitution actuelle.

Selon lui, cette loi fondamentale aurait été élaborée dans un contexte de sortie de conflit et « façonnée pour satisfaire les différentes parties belligérantes ».

Pour étayer son propos, il a également évoqué plusieurs précédents dans l’histoire politique du pays. Il a rappelé que l’ancien président Mobutu Sese Seko avait modifié la Constitution à plusieurs reprises. Il a aussi mentionné les ajustements opérés par Laurent-Désiré Kabila au décret-loi du 27 mai 1997.

Enfin, il a fait référence à la révision constitutionnelle intervenue sous la présidence de Joseph Kabila, lorsque le mode d’élection présidentielle était passé de deux tours à un seul.

« Au nom de quel principe notre régime ne pourrait-il pas toucher à cette Constitution ? », s’est-il interrogé.

Face aux critiques et aux inquiétudes suscitées par cette perspective, le secrétaire général de l’UDPS/Tshisekedi a appelé au calme tout en réaffirmant la position de son parti.

« Que les gens restent calmes, nous allons la toucher. Nous maintenons notre ligne, et il ne sert à rien d’attaquer qui que ce soit », a-t-il conclu.

Ces propos relancent une nouvelle fois le débat sur une éventuelle révision de la Constitution en République démocratique du Congo, un sujet qui continue d’alimenter de vives discussions au sein de la classe politique et de l’opinion publique.

Liberté Plus

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